11 mars 2011

Frenchleaks, Québecleaks, Egyptleaks, ça fuit de partout

C’était une des fortes tendances que j’avais identifié dans mon premier billet de 2011: la multiplication des sites de divulgations de secrets bien gardés. Par contre ces projets prennent des formes différentes dépendamment d’où ils émergent. Nous allons y revenir.

Les principes de bases des sites de types «leaks» sont les suivants, tels qu’énoncés par le médiatique co-fondateur Julian Assange:

Si vous êtes impliqués dans des actions immorales et injustes, elles seront démasquées et vous devrez en subir les conséquences

A partir de ce crédo, c’est là que la technologie entre dans la danse tel que décrit par Wikipédia:

Malgré son nom, le site WikiLeaks ne fonctionne plus comme un wiki. À la fois ouvert et sécurisé, les lecteurs ne possédant pas les autorisations appropriées ne pouvaient pas modifier le contenu de WikiLeaks.
La sécurité du site est renforcée par l’emploi de technologies cryptographiques de pointe. À cette fin, des processus mathématiques et de chiffrement extrêmement sophistiqués doivent assurer le caractère privé, l’anonymat et l’impossibilité d’identification. Techniquement, WikiLeaks associe des versions remaniées de Freenet, de Tor ou de PGP à des logiciels de conception maison. WikiLeaks pense notamment ainsi être « étanche aux attaques politiques et légales » et, en ce sens, « impossible à censurer ».
Les contributeurs peuvent se connecter en mode normal ou en mode sécurisé. À la suite de la publication des révélations de télégrammes de la diplomatie américaine en novembre 2010, le système de boîte aux lettres destinée à recevoir les fuites bénévoles a été provisoirement suspendu, en vu d’en renforcer encore la sécurisation de l’anonymat pour les sources.
Les informations peuvent être soit diffusées directement par WikiLeaks, soit transmises de façon cryptée à des médias qui en font une analyse journalistique permettant de les diffuser au grand public sous une forme plus accessible.

Depuis quelques semaines des projets voient le jour à travers le monde:

Fenchleaks : lancé hier par le média en ligne Médiapart, ce modèle inspiré de Wikileaks est administré par des journalistes qui enquêtent sur les documents qu’ils reçoivent avant d’en faire la publication. A noter que le modèle initial  de Wikileaks a établi un partenariat avec le New York Times, The Guardian, Le Monde, El Pais et Der Spiegel pour la diffusion des documents. Médiapart lui gère le tout, de la récupération des informations à la divulgation.

– Egyptleaks: celui-ci est d’une toute autre forme puisqu’il s’agit d’une page hébergée sur Facebook. C’est un peu risqué puisque Facebook en tant qu’hébergeur peut-être légalement tenu responsable des contenus qui y sont diffusés. Le géant américain laisse faire pour le moment compte-tenu de sa popularité en Égypte, peut-être aussi pour laisser le temps aux égyptiens de mieux s’organiser. Voir le compte-rendu du Monde.

Québecleaks : lancé cette semaine voici la version québécoise. Encore différent des autres puisqu’on parle ici d’une province du Canada et non d’un pays comme la France et l’Égypte. Par contre dans son mode de fonctionnement, très proche du Wikileaks original puisque plusieurs médias se sont montrés intérressés à collaborer pour la diffusion des informations. Si vous vous posez la question de savoir pourquoi ce projet s’est installé au Québec, c’est que la province est secouée depuis quelques années par des scandales à répétitions qui lui ont valu le terme peu élogieux de “province la plus corrompue au Canada”.

Voir l’éditorial de Cyberpresse ainsi que le billet d’Alain McKenna sur Technaute.

Pistes: d’autres projets en cours, Balkan Leaks et Wikileaks 13
– Entrevue avec Luc Lefebvre, porte-parole de Québecleaks chez Dutrizac
– Asssange l’insoumis, dossier sur Radio Canada
– Internet, Wikileaks, les dangers de la transparence sur FR2.FR

A propos de l'auteur

#blogueur | #WordPress addict | #Google lover, conférencier, mixeur de liens, papa geek, fondateur de @Fabriquedeblogs , co-fondateur de @Yulbiz (gère aussi une tribu)

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