31 décembre 2009

L’évènement le plus marquant de la décennie ? Internet bien sûr

Un changement de décennie est toujours un moment propice pour chacun de regarder dans le rétroviseur et de réfléchir à ce qui nous a marqué. On retiendra que ce début de millénaire n’a pas été glorieux : méga attentat, méga tsunami, années Bush, pandémie, crise financière, dégradation du climat, bref ou chercher des signes de positivisme. Pourtant c’est du côté de l’innovation que l’on aurait l’occasion de se réjouir et en autre du côté du web. Quand on y regarde de plus près, ce qui s’est passé sur ce terrain est assez phénoménal. Des entreprises, des projets, des produits sont sortis de nulle et ont déjà changé nos vies, le tout porté par une croissance faramineuse sur une si courte période, probablement aussi importante que l’arrivée de l’imprimerie.

Dans leurs dossiers spéciaux le Gardian, Technaute et le Journal du net passent en revue ces dix années de révolution non stop. Je me suis posé la question sur ce qui m’avait épaté, étonné, surpris durant cette période:

– Google, l’entreprise en kit: rien qu’en allant visiter leur ferme de blogs corporatifs, on peut mesurer à quel point cette entreprise est la locomotive de l’innovation web. De la géolocalisation, en passant par la bureautique jusqu’à prochainement l’arrivée d’un OS, d’un netbook et d’un smartphone, bien sûr tout cela possible grâce à la formidable machine à cash que représente le couple Adsense-Adword.

– Apple, le révolutionnaire numérique: au début de la décennie, Apple était un manufacturier d’ordinateurs et de logiciels, une sorte de mouton noir supporté par une clientèle fidèle d’inconditionnels. Puis sans crier gare, la firme s’est positionnée sur le marché de la musique en ligne créant un couple redoutable d’efficacité avec le duo Ipod-Itunes. Et la table fut remise quelques années plus tard, même stratégie avec le duo Iphone-App-store. Et ça va continuer avec bientôt le futur E-book qui sera couplé encore avec un « App-book » supermarché digital de livres et de magazines, sorte de kiosque à journaux online. Ensuite viendra le tour de l’industrie du jeu en ligne, rien n’arrêtera Apple. Ils ont le culot de prendre d’assaut des marchés hors de leur zone de confort, ils ont créé des formidables machine à cash, ils ont les ressources, le savoir faire plus une capacité phénoménale à grimper rapidement n’importe quelle courbe d’apprentissage. A lire : 10 ways Apple owned the decade chez TechRadar

– Les « nobody » – Wikipédia, Youtube, Facebook, Twitter, Flickr : ceux-là, personne ne les avaient vu arriver. En l’espace de quelques années, il se sont hissés au sommet des destinations préférées des internautes. Pour l’anecdote, lorsque que Wikipédia a ouvert ses portes en 2001 avec la mention « encyclopédie libre » beaucoup ont rigolé devant ce site vide de textes avec ce curieux éditeur de contenu du nom de wiki dixit Jimmy Wales le fondateur. Dernièrement Chad Hurley le co-fondateur de Youtube indiquait lors de la conférence Le Web qu’un milliard de vidéos était visionné par jour et que 24 heures de contenu étaient uploadées toute les minutes.

– Les moteurs du web social: l’open source, le rss, les wikis, les blogs: sans eux point de websocial, cette culture numérique entrepreneuriale basée sur la collaboration, le partage, l’échange et les communautés. C’est le chainon manquant qui a permis de lier la sauce. Si on prend le cas des blogs, leur croissance fulgurante est en grande partie reliée à simplicité d’utilisation ainsi qu’à la quantité de plateforme en concurrence sur le terrain de l’innovation. Quand au RSS encore mal connu, c’est lui qui a pavé la voie vers ce fameux « realtime web » qui créé déjà débat. La majeure partie de la diffusion du contenu sur le web social repose sur le socle du rss.

– Les tuyaux, les réseaux mobiles, les déploiements d’infrastructures haute vitesse, wi-fi : on en parle moins car c’est la partie la moins sexy du web. Ceux qui ont connu les connections par modem 28 ou 56 K avec le fameux petit crachouilli seront plus en mesure d’évaluer le chemin parcouru depuis. On ne s’en rend pas compte mais d’aller dans un café et d’automatiquement se connecter au web en wi-fi en ouvrant son laptop, méchante avancée.

– Les usagers : moi, vous, nous, avons donné vie à toute cette panoplie. Il fallait que nous répondions présents, que nous adhérions. Le temps passé sur le web a doublé en dix ans, conséquence des facteurs mentionnés plus haut. Cela soulève aussi le débat « à qui appartient le web » qui va prendre de plus en plus d’importance dans les prochaines années, j’y reviendrai dans de futurs billets.

La morale de tout ça est que le web est encore un territoire vierge a explorer; tous les curieux, ingénieux, innovants de ce monde peuvent y prendre leur place. Certes tout n’est pas parfait mais il faut s’attendre à des impacts très puissants dans les prochaines années. Le « Tipping Point » est désormais atteint et des empires, des industries, de rentes vont disparaitre pour faire place à d’autres, la suite risque d’être passionnante.

A propos de l'auteur

#blogueur | #WordPress addict | #Google lover, conférencier, mixeur de liens, papa geek, fondateur de @Fabriquedeblogs , co-fondateur de @Yulbiz (gère aussi une tribu)

6 Réponses à “ L’évènement le plus marquant de la décennie ? Internet bien sûr

  1. Ce formidable espace de liberté, non permis jusqu’à présent par un noyautage de l’info. par les médias traditionnels, provoque inévitablement les réactions d’un certain nombre de pouvoirs en place qui jusque là s’accomodaient bien des médias traditionnels qu’ils pouvaient plus ou moins contrôler ou acheter.
    Du coup ce n’est pas un hasard de voir monter au créneau un ministre de la défense, représentant une institution qualifiée à juste titre de “grande muette”, se posant en défenseur de la liberté des droits d’expression du citoyen en pondant une ” Déclaration des Droits fondamentaux numériques “.
    On croit rêver !
    Une liberté encadrée par un ministre de la défense au service d’un pouvoir politique, même avec toutes les “meilleures intentions du monde” affichées, a toutes les raisons de paraître suspecte.

    Internet nous offre à mon avis l’opportunité d’utiliser notre conscience et notre discernement en nous obligeant à choisir nos sources dans un pannel d’informations beaucoup plus large que la vision formatée des médias traditionnels, d’ailleurs très gènés eux aussi par la montée en puissance de ce nouveau média.
    C’est de surcroît l’avènement d’une interconnection et d’une véritable conscience planétaire qui ne peut évidemment que gèner tous les pouvoirs en place parcequ’elle échappe à leur contrôle.

    D’où leur désir d’essayer de le contrôler en utilisant l’alibi de la défense des libertés individuelles et la lutte contre les sites à caractère pornographique ou pédophile dans un premier temps, de façon à pouvoir glisser ensuite, une fois cette censure acceptée, insensiblement vers d’autres secteurs où la liberté d’expression peut les mettre en cause.
    C’est à mon avis pour cette raison qu’Hervé Morin parle du “trouble à l’ordre public”, terme suffisamment vague et prétexte facile au baillonnement des éventuels contestataires de tous poils qui pourraient les gèner et déjà utilisé par le pouvoir politique dans leur définition de la “secte”.
    C’est une censure de l’information qui ne veut pas dire son nom et que la France a l’hypocrisie de dénoncer dans les pays totalitaires qui le font déjà.

    Il ne dépend que de nous de défendre cette outil de liberté qui se moque bien des frontières et de tous le murs que les pouvoirs veulent mettre en place entre les hommes.

    Vive internet qui devient le véritable systême nerveux de l’organisme vivant-humanité en interconnectant toutes ses cellules que sont les êtres humains, comme cela se passe entre les cellules de notre propre organisme !

  2. Merci pour cette excellente rétrospective. Elle devrait servir à toute l’industrie de la communication et à ses clients en ce qu’elle nous fait réaliser à quel point la communication se transforme et nous offre de nouvelles possibilités. Nous sommes quelques-uns à adopter ces nouvelles formes de communication et notre nombre croît sans cesse. Maintenant, ce qu’il faut pour que ces nouvelles formes de communication soient adoptées, c’est des cas concret, des réussites, des succès, bien documentés.

  3. Mettons qu’elle est un peu moins fraiche qu’il y a quelques années cette petite internet….c’est sur que c’est pas une matante encore…mais vierge?…Pas sur…

    C’est vrai que les yeux sont tournés vers Google…Où est donc Microsoft? C’est vrai que l’écosystème évolue beaucoup…rendu au tipping point…Hmmm…Observation intéressante….Le problème c’est qu’on le saura seulement une fois qu’il sera passé….histoire a suivre…

  4. […] liste des tendances technos 2010 ? Non plutôt ma liste de souhaits (1/3) ShareDans mon dernier billet, je faisais références à ce qui m’avait marqué en terme d’innovation les dix dernières […]

  5. Je suis vieux. Internet est pour moi une bénédiction du Ciel. Mais je ne m’en sers qu’à moitié. Par exemple, je ne connais pas l’usage de plusieurs touches de mon Apple. Y a-t-il un site Internet oü je pourrais apprendre? Merci.

  6. Vous oubliez quelque chose de très important: la vraie révolution numérique a d’abord été l’avènement des PC grand public et d’internet grâce à Microsoft et la pléthore de fabricants informatique dans les années 90. Google ne s’est pas fait tout seul! Apple a surtout fait des ravages dans le cerveau des gens en noyautant la com. et les médias! Je ne parle même pas de ses acolytes Facebook et Twitter.

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