21 septembre 2007

Médias 2.0: les journalistes s’organisent

Bousculée par l’arrivée de Internet, l’industrie de la presse et des médias est en train de redistribuer les cartes. L’année 2007 apparaît comme celle qui ouvre la voie à de profonds changements:

En janvier trois journalistes en provenance du Washington Post et du New -York times  lancent leur propre média en ligne du nom de Politico.
En mai, c’est au tour de quatre journalistes ex-Libération de lancer Rue89
En septembre, l’équipe de la populaire émission télé Arrêt Sur Images licenciée par France 5 décide de lancer le concept sur Internet. Pour ce faire ils lancent une souscription sur le web largement relayée par la blogosphère et récoltent 240 000 euros en une semaine via Kelblog.

Plus près de nous au Québec, les journalistes en grève du Journal de Québec lancent Média Matin Québec.
Enfin cette semaine, le déclanchement d’un conflit de travail opposant les journalistes-blogueurs de Cyberpresse avec leur employeur, voir le billet de Jérôme Plantevin qui explique bien le contexte.

Tout cela m’amène à plusieurs réflexions en vrac:

– Les « moisonneuses-batteuses » d’informations que sont devenues Google et Yahoo! modifient la redistribution du contenu. Dernièrement Google passait une entente avec les agences de presse pour avoir directement accès à leur contenu.

– Le lectorat est intelligent, volatile et critique. Il ne se satisfera plus des « copier-coller » provenant  des dealers de news que sont les agences de presse. Il comprend mieux les mécanismes et les cheminements du contenu.

– Le lectorat veut participer. Grâce à la panoplie d’outils de captation et de diffusion (blogs, médias sociaux et participatifs, caméras, aggrégateurs rss, réseaux) accessibles à tous, il a le pouvoir de faire sa news et même son scoop.

– Le lectorat est sceptique et demande plus de transparence. Certains géants des médias ont diversifié leurs activités dans différents secteurs et sont parfois indirectement des fournisseurs de l’état par le biais de leurs filiales.

– Le lectorat aime les journalistes et est capable de faire la différence entre leur mission et leur relation avec leur employeur. Le lectorat est prêt à se commettre et à soutenir des projets lancés par de nouvelles équipes de rédaction.

– Le lectorat comprend mieux les enjeux économiques et souhaite en savoir plus sur la réalité du journaliste. La corporation journalistique est très silencieuse sur les mécanismes de contrats, ententes et rémunérations, ce qui est assez paradoxal pour une profession qui souvent traque ce genre d’information chez les autres.

– Le lectorat souhaite un plus grand choix dans l’expression journalistique. La forte concentration des médias au Québec a pour conséquence une concentration journalistique. Certains journalistes tiennent blog, chronique papier, chronique radio, émission ou participation tv sur plusieurs chaines. Cette concentration n’est pas saine et empêche l’accession des nouveaux talents.

– Le transfert des budgets annonceurs du papier vers le web est en forte croissance. L’annonceur scrute à la loupe les réactions du lectorat et d’une certaine manière, il sera en bout de ligne celui qui fera pencher la balance. L’annonceur est prêt aussi à se commettre avec des concepts innovants.

Est-ce que nous verrons une nouvelle initiative journalistique menée par une « dream team » voir le jour au Québec dans un avenir prochain? Je ne suis pas assez informé pour y répondre mais je suis persuadé que l’idée fait son chemin dans plusieurs têtes.

Pistes: les nouvelles fabriques de l’info chez Stratégies

En complément, mémoire, quelle place pour la presse en ligne à l’heure du web 2.0

A propos de l'auteur

#blogueur | #WordPress addict | #Google lover, conférencier, mixeur de liens, papa geek, fondateur de @Fabriquedeblogs , co-fondateur de @Yulbiz (gère aussi une tribu)

Une réponse à “ Médias 2.0: les journalistes s’organisent

  1. Il faudrait absolument qu’effectivement les “blogueurs” puissent peser de tout leur poids et reflète ainsi “l’opinion publique” et non le reflet de “celle” qu’en font les médias à la “botte” du pouvoir. L’exemple le plus récent : des millions de personnes sont contre les franchises médicales et le Sénat vient d’adopter le budget de la sécu avec les franchises applicables au 1er janvier 2008. Elles vont générer des inconvénients pratiques par exemple les pharmaciens ne vont pas tenir la comptabilité des 50 E annuels pour chaque patient, donc vont refuser le tiers payant, ce sont encore les plus démunis qui vont en subir les répercussions. Le fait de ne pas avoir à faire l’avance du paiement des médicaments était une avancée qui va sans doute disparaître…
    Toutes les mesures qui ont été prises depuis 2004 ont généré des modifications pour les logiciels informatiques qui demandent du temps et des financements…

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