21 novembre 2006

Web 2.0 bashing

Il serait bien innocent de croire que nos habitudes, nos pratiques d’affaires, nos méthodologies vont rester telles quelles dans les prochaines années.
Actuellement un débat fait rage sur le thème du web 2.0. J’ai remarqué que les adversaires les plus opposés à cette définition sont en premier lieu des personnes qui travaillent dans le monde du web, des fournisseurs de services genre agence web et des développeurs codeurs. Je me suis posé la question de savoir pourquoi une telle énergie à combattre cette nouvelle étape du web.

Pour bien comprendre, il faut faire un petit saut en arrière, en 2000-2001 par exemple. A cette époque pas si loin, les agences web facturaient les clients pour changer  le contenu de leur site. Les CMS n’éxistaient pratiquement pas et seuls ceux qui avaient les moyens pouvaient s’en faire bâtir un. Les clients n’y connaissant rien et  se disaient que le web c’était comme ça, ça coûtait cher: le design et les 3 maquettes = $$$, l’architecture et l’ergonomie $$$, le développement $$$, l’indexation et le référencement $$$. Et puis qu’est-ce que je vous met avec ça ? Ha oui, une intro en flash $$$, et puis une version anglaise $$$, un module pour infolettre $$$, un formulaire $$$, un moteur de recherche $$$, un forum $$$, un cms sur mesure $$$ etc…etc…

Bref beaucoup d’agences web au Québec et ailleurs se sont gavés et à tel point que la grande majorité des PME n’ont pas vraiment embarqué dans une véritable stratégie Internet. Ce sont en majorité les grandes entreprises, les organismes parapublics et gouvernementaux qui ont été les pourvoyeurs de contrats. He oui certains sites bâtis il y a 4 ou 5 ans ont coûté une fortune, disons au-delà de 50 000 $ sans entrer dans les détails.

2006: là tout à coup tout change, logiciels libres et outils sociaux obligent. Par exemple avec une plateforme WordPress ou Movable Type le client accède au tout en un: cms, moteur de recherche, gestion des catégories et des archives, fil RSS, notification par mail, commentaires/ forum et en plus une indexation plus rapide et efficace dans les moteurs de recherche. Installation rapide, un peu de design s’il le souhaite, souplesse, flexibilité, liberté et autonomie pour moins de 5000$. Que va-t-il se passer ? He bien cela ne va pas prendre de temps que certaines entreprises ou organismes qui opèrent des sites vieux de 4-5ans vont vouloir aller vers des applications orientées communication plutôt que publication, le tout en retranchant un zéro par rapport aux prix d’il y a 5 ans. Gros virage à prendre pour les agences web, changement de stratégie, questionnement, résistance.

Du côté des codeurs-developpeurs, même combat en pire avec une sorte de discours ancien combattant du style « j’y étais », que le web deux, y a rien là, que c’est un mythe, que les blogs ne sont rien d’autre que les anciennes pages perso, que les discussions éxistaient déjà sur les forum etc.. etc…Sauf que la grande différence c’est qu’il ya dix ans, il n’y avait personne sur le web à part eux !! Je les comprends car il ne se passe pas de jours ou un jeune développeur mette gratuitement à la disposition de tous des nouveaux outils construit dans sa cave. Conflit de génération, perte de pouvoir et d’influence au profit de l’usager-consommateur qui finalement est le grand gagnant du web 2.0.

He oui, le paradigme de tous ces bouleversements, c’est la revanche des usagers et dans de nombreux domaines. Le web deux ne va pas bouleverser que les médias, la presse, la politique, le management, la pub, les relations publiques mais aussi le marketing, les agences web, les firmes de technologie. Au menu remises en question et ouverture d’esprit sur fond d’oscultation des aspirations des clients avertis et autonomes.

Et pour ceux qui veulent poursuivre le débat, il y a le blog « dessine-moi le web 2.0 » pour faire valoir son point de vue.

Pistes: web « moiaussi2.0 » détruire le mythe du web 2.0 chez fastclemmy via Embruns
Ouèbe machin beta chez Michel Dumais
Méfiez-vous du web 2.0 chez Technaute
Esclavage 2.0: eux, nous et moi chez Karl Dubost
Web 2.0, le club des « mal-cité » ? chez Michel Leblanc
Web 2.0-les chiens aboyent chez l’AMM
Qu’est-ce le web 2.0
et  pur buzz chez Houssein
Réflexions sur le web 2.0 chez LooGeek
Dessine-moi le web 2.0 chez le Groupe Reflect
Le web participatif chez Agoravox

Mise à jour: j’ai retrouvé le billet de Provokat intitulé web 2.0 pour les nuls. Savoureux.

A propos de l'auteur

#blogueur | #WordPress addict | #Google lover, conférencier, mixeur de liens, papa geek, fondateur de @Fabriquedeblogs , co-fondateur de @Yulbiz (gère aussi une tribu)

16 Réponses à “ Web 2.0 bashing

  1. Et la marmotte emballe le chocolat dans les hautes montagnes des alpes.
    « Conflit de génération, perte de pouvoir et d’influence au profit de l’usager-consommateur qui finalement est le grand gagnant du web 2.0. »
    Ça, c’est la partie la plus drôle de l’article. Il y a déjà un problème dans la phrase, le mot usager-consommateur. Par ce mot, vous attribuez un rôle prédéterminé qui est très révélateur.
    1. usager a un rôle passif. Il utilise ce qu’on lui met à disposition. C’est bien toute l’exercise d’illusion du Web 2.0. Des entreprises ouvrent des services en donnant l’illusion aux humains d’étre des acteurs alors qu’ils ne sont que des usagers. Il faut absolument rester sur le service donné. Tout fonctionne justement dans la captation des personnes et dans la rétention de leur activité (contrôlée). La perte de pouvoir en effet pour les internautes, elle est immense.
    2. consommateur. Ironique. Vous donnez vous même la taxonomie encore une fois en limitant le rôle des personnes qui interagissent sur le Web. Lorsque vous êtes entre amis dans une soirée et que vous échangez des informations, partagez les photos entre vous, vous êtes un consommateur ? Devez vous également rester dans une pièce spécifique pour regardez vos albums, pièce qui est soit payante, soit vous devez mettre des publicités sous le nez de vos invités.
    Vous êtes passé à côté des critiques. Vous confondez les définitions des modes d’interaction avec la réelle emprise sur un système d’échange et de communication.
    Si ces mêmes services avaient proposés des services payants s’appuyant sur des interactions P2P comme le courrier électronique par exemple, alors oui, il y aurait un immense progrès. Dans le sens où l’on libère la personne et on lui donne le choix. Elle n’est pas obligée d’aller uniquement dans ce lieu ci depuis qu’elle a commencé à l’utiliser.
    La plupart des personnes qui critiquent le Web 2.0 est justement pour dénoncer cet amalgame des sociétés qui font croire à plus de pouvoir alors qu’elles entraînent les personnes à devenir des utilisateurs avec des choix limités dans des sites captifs.

  2. Tout à fait pertinent…le web 2.0 est un leurre…les outils mis en place existaient déjà auparavant, ils ont juste été optimisé pour permettre à un internaute lambda de devenir un acteur participatif mais sous contrôle.
    On décide quoi voir, qoui lire, qui sera mis en commentaires…le web est toujours sous contrôle.
    La seule chose est que nous ouvrons les accès au plus grand nombre.
    A quand le web 3.0 ??

  3. Tu dis : Gros virage à prendre pour les agences web, changement de stratégie, questionnement, résistance.

    Ce qui m’irrite le plus dans le phénomène Web 2.0, c’est que ce sont précisément ces grosses agences qui sont les plus gros vendeurs de « ce nouveau Web ». Ces agences, tu les pointes du doigt à juste titre ; elles ont rarement le souci de questionner les motivations de leurs clients à être sur le Web mais néanmoins proposent une multitude de solutions plus spectaculaires les unes que les autres (ne questionne pas le « pourquoi », mais se limite à proposer des « comment »). Ces agences prennent aujourd’hui à leur compte le discours de Web 2.0, pour vendre à leurs clients de nouvelles orientations, de nouvelles façons de faire. Tu en doutes ? Assiste au pitch des agences de pub / agences Web. C’est Web 2.0 « mur-à-mur ». Va te promener dans les couloirs de ces agences, de quoi parle-t-on ?

    Quand tu parles d’un “gros virage pour les agences Web”… désolé, mais ces agences l’ont pris ce virage et elles courent déjà très vite.

  4. J’appuie le commentaire de Karl.
    Bien que l’article de Philippe soit hyper pertinent et intéressant concernant l’industrie du web qui se voit confrontée à une nouvelle disponibilité des outils aux usagers,
    il ne faut pas mettre de côté l’aspect flou de la participation des usagers afin faire profiter le point de rencontre de ceux-ci.
    Étant dans le web depuis plus de dix maintenant, il est évident de constater que l’époque des sites à 50 000$ vendus et contrôlés par une seule boite est presque révolue.
    Toute entreprise à maintenant intérêt de développer à l’interne, et de s’assurer d’un suivi et d’une maintenance disponible à tout moment par un «webmestre-infographe-programmeur PHP» de base. Si le besoin est d’approfondir les fonctions sur le site, rien de mieux que quelques heures empruntées à un pigiste ayant les compétences nécéssaires afin de mettre en place les outils necéssaires pour continuer la maintenance par le «webmestre-infographe-programmeur PHP» de base.
    Quand je pense qu’un site se vendait 100 000$ à l’époque.. Mouahahah ! Et qu’à chaque modifications, la «boite» chargeait 100$ et qu’on devait souvent attendre une journée ou plus pour avoir la correction «online». C’est maintenant tout un contraste!
    Bon, on pourrait en parler pendant longtemps mais comme Karl a soulevé un point important, je crois qu’il ne faut pas négliger l’aspect souvent restreint de ces nouveaux sites où les usagers en réalité renflouent le contenu disponible au profit du site «mère».

  5. Comme Philippe l’illustre clairement les dérapages du Web 1.0 ont enrichi une classe de travailleur qui ont désormais de la difficulté à lâché prise et qui s’insurge vers les nouveaux outils rendant disponibles la mise en ligne facile et parfois gratuite pour le commun des mortels et des gestionnaires. Oui tout n’est pas rose dans le Web 2 et il y a déjà eu une discussion à l’effet que YouTube n’est pas Web2 puisque les contenus ne sont pas réellement téléchargés et prennent vie dans l’interface fermée du site mère comme le suggère Karl. Cependant, l’un de nos clients communs et Philippe et moi-même, auras son nouveau CMS (alias blogue, mais nous ne l’appelons pas ainsi car ça fais encore peur) avec tout les avantages des RSS, de l’outil de recherche intégré, des catégories, des pages, de l’architecture perméable aux engins de recherches pour le référencement, des URL mod-rewrite et tutti quanti. En fait il aura 2 sites (un anglo et l’autre franco) pour moins de $10 000. Son ancien CMS propriétaire et boboche lui a coûté la modique somme de $80 000. Soir une économie à court terme de $70 000 qui n’inclut pas les énormes retombés d’affaires qu’engendreront ses contenus qui sont maintenant visibles à Google. Disons qu’opn peut déblatérer longtemps sur l’utilité ou non du Web 2 mais quand ça permet à une entreprise de prendre possession de sa présence Web, de manière autonome et à coût raisonnable, je dis bravo. Ha oui, pour YouTube et Flicker, ça lui permet de surcroît de loader des images et des vidéos de manière limpide et facile et ça répand la bonne nouvelle de ses contenus au monde entier. Pas si mal tout de même…
    Entre les dérapages 1.0 et 2.0 je choisis ceux du 2.0 sans hésiter…
    Pour Yves, les grosses agences que je rencontre sont encore au Web 1.0 et parle du 2 quand ça fait sexy et oui plus souvent qu’autrement ils ne questionnent pas les objectifs d’affaires qui sous-tendent les activités Web qu’ils s’apprêtent à faire. By the way, je trouve fabuleux que le ti-cul à Philippe qui a seulement 8 ans, ait déjà 2 blogues dont un vlogue. Il y a cinq ans, c’aurait été, impensable.

  6. Mais il faut être à côté de la plaque pour nier ou dénigrer l’évolution du Web. Ben oui ça évolue le Web, comme toutes les technologies, les outils coutent moins cher, sont plus disponibles, plus ergonomiques et faciles à utiliser, et c’est tant mieux.
    Que des entreprises créent des applications et des services utilisables, riches, utiles, pratiques, on ne peut que dire bravo.
    Le problème n’est pas là. C’est la récupération qui est frustrante. Que pour faire in et branché in faut mettre du 2.0 à toutes les sauces, à discourir sur des concepts flous, à la limite trompeurs, dans le seul but de vendre…
    Ça devient un peu fatiguant.
    On s’en fout que ce soit du 2.0. Il ne faut pas être 2.0, il faut être utile et répondre à un besoin réel. C’est exactement le même phénomène qu’avec les applets Java, ou Flash, des technologies extraordinaires qui, à force de vouloir les mettre à toutes les sauces ont pondu des monstruosités dont on souffre encore aujourd’hui 🙂 C’est ça le problème : au lieu de focuser sur l’utilité on trouve de plus en plus de personnes qui veulent absolument surfer sur la vague 2.0, quitte à dire et à faire du n’importe quoi qui ne sert à rien !

  7. Le problème avec le web 2.0 et les blogues, c’est qu’on ne les as jamais clairement et rigoureusement définis. Ainsi, selon le cercle de discussion, on ne parle même pas de la même chose.
    Je trouve le débat un peu stérile. Perso, je n’utilise pas le terme 2.0 parce que je le trouve un peu réducteur et mauvais. Mais n’empêche que la technologie d’aujourd’hui permet effectivement une plus grande interaction et réactivité qu’auparavant. L’Open Source y est pour beaucoup aussi.

  8. Je pense que l’accessibilité aux outils de publication va permettre aux agences de passer de “réalisateurs de site web” à véritables conseillers, stratégistes et tacticiens pour leur clients. Qu’enfin, la complexité technique de l’outil n’est plus un frein à une meilleure utilisation du web pour les organisations.
    Nous allons devoir nous adapter, c’est sur. Mais nos clients devrons s’adapter beaucoup plus que nous! Je m’explique :
    Mon problème avec le web 2.0, c’est que c’est tout et rien à la fois. Tout le monde veut faire du web 2.0, sans vraiment se poser la question à savoir à quel besoin ça vient répondre.
    J’ai tendance à dire que le web 2.0, ça répond à certains besoins. Mais ce n’est pas nécessairement applicable partout de la même manière.
    Prenons le cas de la PME de quelques employés. Oui, ils peuvent avoir un blogue et le mettre à jour eux-même. Mais si personne n’a le temps et le désir de s’en occuper, à quoi ça sert? Plusieurs organisations n’ont jamais mis à jour leur site web, même avec des CMS très performant.
    C’est toute la notion de marketing et de collaboration en réseau qu’il faut expliquer, promouvoir, transmettre. C’est un changement d’attitude par rapport aux TIC qu’il faut développer dans nos organisations. Que plutôt que d’être des outils de communication “one-way” ça doit devenir des outils de conversation. Que plutôt que d’être des outils de contrôle ça doit devenir des outils de collaboration.

  9. Faire le lien entre le 2.0 et le budget de développement d’un site web, ça n’a rien de très intéressant, et ça prouve une totale incompréhension de ce qu’est la problématique de conception et de déploiement de site Internet en 2006… Je pense qu’André-François résume assez bien mon avis là dessus…

  10. Et si le web 2.0 n’était tout simplement qu’un phénomène de mode enclenché par :
    – un soupçon de conjoncture technique favorable (une VRAIE reconnaissance du monde open source qui existe depuis une decennie, outils CMS compris),
    – un soupçon de baisse considérable des couts des infrastructures grand public sur 5 ans (vive les noms de domaine .com à 9 dollars et l’hébergement à petit prix),
    – une grosse louche de marketing pour faire mousser et relevé un plat qui s’était pas mal dégonflé depuis quelques années ?

  11. C’est le retour de la bulle spéculative…grâce au Youtube, Myspace qui se vendent à prix d’or !!

  12. Ok minute. Des outils ‘sociaux’ (merde!) plus faciles qu’avant??
    Quand ma mère sera capable d’installer WordPress sur un serveur web linux, de configurer l’adressage IP de ses sous-domaines, de trouver, modifier, adapter, traduire(!), installer et déboguer son template WordPress, de comprendre que ” ça fait apparaître sa pub dans son entête de blog… Vous voyez le topo…
    Tout ça c’est de la poudre aux yeux! Moi, oui moi, je le ferai le sophisme d’autorité, spécialiste des TI et vieux de la vieille du Web… je gosse parfois une nuit entière sur un problème de config de WordPress. Alors ne venez pas me faire croire que le Web 2.0, c’est la démocratisation de la technologie… come on!
    Et ne venez pas me faire croire que le portail web de Bombardier ou d’Hydro-Québec serait remplaçable par un CMS Open Source opéré par Monique aux RH… C’est naïf dans le meilleur des cas.
    Vous savez, le HTML, ce n’est pas un langage de programmation. C’est une définition de format de document, tout comme les bonnes secrétaires du temps de WordPerfect 2.0 connaissent. Il n’y a rien de complexe à faire une page Web. Le hic, c’est de la faire attrayante, vendeuse, commerciale… et ça c’est pas un programmeur qui fait ça, c’est un ensemble de spécialistes allant du graphiste au communicateur en passant par le pro du marketing. Alors même si Machin 2.0 CMS Open Source Nouvelle version rend la vie plus facile, ça ne fait pas de tout le monde un artiste des communications, du marketing ou du débogage de config réseau…
    Arrêtez de niaiser les mecs.

  13. Karl relève un problème avec le binôme “usagers-consommateurs”. Je n’en vois pas, puisque tous deux vont dans le même sens, en fait. Philippe aurait aussi bien pu écrire “fournisseur-consommateur”, qui est plus paradoxal mais qui, dans une certaine mesure, est tout aussi vrai quand on pense à Flickr, par exemple, cette usine des esclaves du Web 2.0 à laquelle Karl a lui-même si souvent pointé, de 2004 à 2006, avant d’être illuminé par la disgrâce, un beau matin de mars dernier.

    Essayons de comprendre ce qui oppose les uns et les autres. Les uns, d’après Philippe, sont des vieux de la vieille qui pratiquent le Web depuis des lustres. Les autres y barbotent depuis moins longtemps mais s’y comportent, au dire des premiers, comme des sauvages, sans profondeur et sans culture. Joli remake des classiques contre les modernes, en vérité!

    Sachant que Karl oeuvre pour le W3C, je comprends qu’il soit agacé par l’assurance de nouveaux acteurs du Web incapables d’écrire un code valide (oups! je ne vaux guère mieux qu’eux!) ou d’appliquer des normes de publications que l’on croyait établies depuis longtemps: plan du site, politique de confidentialité, page contact, etc.

    Je me sens aussi très proche de sa position lorsqu’il critique la potentialité de dérive sociale (voire politique) des industriels du Web qui exploitent l’enthousiasme d’internautes aveuglé par les faux pouvoirs qui leurs sont conférés. Plaxo ou LinkedIn, c’est, parait-il, du Web 2.0. Mettez leurs serveurs entre les mains de la Gestapo de 1942 et faites votre prière.

    Ceci dit, il y a du vrai des deux côtés. C’est vrai que des artisans du Web ont chargé (et chargent encore) des sommes folles pour fournir un CMS propriétaire ou pour en bâtir un énième soi-disant de toutes pièces. C’était cependant la façon de faire dominante à une époque. Ils n’ont pas volé cet argent et il est donc inutile de les stigmatiser. Puisque le Web a changé, proposons-leur autre chose qui tienne la route et qui réponde aux besoins des clients. N’est-ce pas ce que tu fais, Philippe? N’es-tu pas, en ce cas, à la fois juge et partie?

    Ce qui est très regrettable, selon moi, c’est que l’esprit de communauté ouverte et “tricotée serré” qui animait le Web d’autrefois tend à disparaitre et que les couteaux volent bas entre des gens, pourtant aussi passionnés les uns que les autres, qui gagneraient à se connaitre, à s’apprécier et à se respecter. N’est-ce pas aussi à cela que devrait servir le Web, toutes versions confondues? Allons-nous pervertir de notre étroitesse d’esprit ce merveilleux outil comme nous l’avons fait pour tous ceux qui l’ont précédé? Poser la question, c’est lâcher un gros soupir désespéré.

  14. A ce propos, cela me rappelle une anecdote amusante. Depuis quelques temps, ma société propose un package à 500 € comprenant l’installation de wordpress, la mise en place du site et de la charte graphique, et une formation du webmaster.
    Autant dire qu’une telle offre aurait été impossible il y a cinq ans.
    En parcourant les referers du site, je me suis retrouvé sur un forum de discussion de graphistes belges, apparemment trés jeunes, qui grosso modo disaient à mes clients “hep, m’sieur, moi je vous le fais pour 100 €”. Bien sûr leur discours aujourd’hui n’est pas crédible, puisqu’il devait s’agir de lycéens tout au plus.
    Mais il est assez symptomatique de ce que sera peut être le web 3.0 : un lieu d’échange plutôt qu’un lieu de commerce ?
    Comme tu le laisses entendre, le web connaitrait-il déjà, avec le web 2.0, son premier conflit générationnel ??

  15. Christian, si Monique de la RH est capable de maîtriser Word Perfect, à mon avis elle est capable de gérer son contenu de site web avec un bon WYSIWYG qui reprends exactement les mêmes fonctions. Que ça soit sur un CMS à 100 000$ ou un Jomla ou Xoops en OpenSource. Monique, on lui demande pas de savoir configurer WordPress, mais de s’en servir. C’est la que ça c’est démocratiser. Il y a encore 5 ans (voire moins dans certains cas), la gestion purement fonctionnelle d’un CMS était une horreur. Maintenant qui peut dire qu’il est incapable de gérer du contenu? Voyons…! Maintenant c’Est vrai qu’installer, configurer etc etc n’est peut être pas à la portée de tout le monde, surtout de Monique de la RH. Mais Kevin, 15 ans, peut “facilement” le faire quand même, faut pas charier! C’est pas plus compliqué, dans les cas simple (une utilisation… simple) que de configurer son logiciel P2P! Pas besoin non plus d’avoir une maîtrise d’informatique. De plus je ne suis pas d’accord sur le fait que le concepteur/programmeur ne servirai qu’à pisser du code, le reste du fonctionnel étant réservé aux pros de la comm (dont on a vu l’efficacité lors de la periode d’éclatement de la bulle internet, surtout en Europe…) : poser un concept c’Est bien. Le transcrire au mieux suivant les contraintes techniques, trouver les meilleurs solutions, proposer peut être d’autres perspectives qui permettraient d’améliorer la communication par les effets techniques, c’est encore mieux. Et ça, à part un developpeur un peu ouvert, je ne vois pas qui d’autres pourrait le faire. En fait, tout est question d’équipe et de travail en collaboration, de manière transverse : le developpeur n’est pas grand chose sans le grand manitou du marketing, mais l’inverse est encore plus vrai 😉 Globalement parlant, dans le monde du web 2.0 (puisqu’on parle maintenant en 2.0), on trouve plus de reussites et de success stories du technique au marketing, que l’inverse (google, YouTube, MySpace, Ebay…). Enfin ça c’Est mon avis et je le partage 😉

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