18 octobre 2010

C’est quoi le Datajournalism ?

La première fois que j’ai découvert la puissance de la visualisation des données, c’était en 2005, grâce à une conférence donnée par Hans Rosling ( Wikipédia ). Avec sa fondation GapMinder, il a créé le Trendalyzer, un logiciel qui permet de convertir des données statistiques en animation graphiques interactives. Le logiciel a été acquis par Google en 2007, je vais y revenir plus loin.

Depuis, je surveille cette tendance et constate que de plus en plus de graphismes et d’illustrations de statistiques circulent sur le web. Exemple cet article chez Locita qui agrège une dizaine d’infographies sur Twitter, j’ai également créé un album sur Flickr sur ce thème. On parle ici du niveau un de la tendance soit l’infographie simple.

Alors si on passe au niveau deux, on parle toujours de données statistiques mais converties en animation. D’ou le terme de journalisme de données. Dans son billet  « les quatre voies du Datajournalism », Caroline Goulard décrit très bien le concept:

Le datajournalism, c’est de la visualisation d’information. C’est une des composantes du traitement rich media (tel que le définit Alain Joannes), une des applications du journalisme visuel. Dans cette première logique, le datajournalism permet de faire comprendre par l’image certaines idées bien mieux que ne le feraient des mots.

Le datajournalism fait ici appel aux compétences des graphistes et aux connaissances en sémiotique visuelle ou en sémiologie graphique : pour que chaque forme et chaque couleur fassent sens instantanément.

Vous allez me dire, mais quel rapport avec le journalisme ? Hé bien en compilant de nombreuses données, le journaliste effectue un vrai travail d’investigation qui lui permet de mettre le doigt sur certaines défaillances d’un système. Vous me direz que c’est un travail de geek, oui en partie, mais en fait c’est un travail d’équipe au sein duquel le journaliste est le maitre d’oeuvre des requêtes et de la ligne éditoriale.

Comment ça marche ?

Tout d’abord la matière brute, c’est à dire avoir accès aux énormes bases de données d’organisations ou gouvernementales. C’est ici qu’intervient la notion de gouvernement ouvert et d’accès à l’information comme très bien expliqué dans ce billet  de Nicolas Roberge.

Ensuite l’outil, entre autre celui issu du rachat de Trendalyzer par Google et disponible désormais sous le nom de Google Motion Chart. Nicolas Kayser-Bril en fait la démonstration ici. C’est bien sûr le niveau un car assez limité en terme de graphisme, cela demande quand même une bonne connaissance de l’outil mais disons que je voulais vous montrer le principe. Vous pouvez voir ce que cela donne sur le Google Public Data Explorer.

Des exemples :

La carte du crime à New-York via Le New-York Times

La carte des trois Belgique via Owni

La carte du chômage en France depuis 1982 via Le Monde

La carte mondiale de l’immigration

Pistes: L’avènement du Datajournalism signe-t-il le retour vers un besoin d’objectivité? chez Revue Médias2
L’excellent site Information Aesthetics
La newsletter du Datajournalism chez Owni
Dossier très complet sur le journalisme de données chez InaGlobal

Brain-Earth

A propos de l'auteur

#blogueur | #WordPress addict | #Google lover, conférencier, mixeur de liens, papa geek, fondateur de @Fabriquedeblogs , co-fondateur de @Yulbiz (gère aussi une tribu)

7 Réponses à “ C’est quoi le Datajournalism ?

  1. Je me permets de rectifier mon prénom, étant l’auteur de l’article « les 4 voies du datajournalism » : je m’appelle Caroline et pas Sabine.

    Et l’article originale est ici : http://blog.actuvisu.fr/quatre-voies-du-datajournalism/

    Merci de corriger

  2. Corrigé, désolé pour l’erreur

  3. J’en avais entendu parlé, avec ces explications et les liens c’est plus clair pour moi.
    Merci pour ce billet

  4. Je connaissais le principe mais pas du tout le nom!

    Pour ceux qui ont un site et qui veulent voir du datajournalism appliqué sur leurs stats vous avez l’outil de Google analytics qui met en scène les graphiques d’évolution des visiteurs =)

    Damien.

  5. […] même jusqu’à dire mondiale.Mon coup de coeur tendance: tout d’abord le Data Journalism dont j’ai parlé dans ce billet. Puis la notion de Content Curator un poste à part qui devra fonctionner main dans la main avec le […]

  6. La rapidité du traitement des données à travers des outils comme le générateur Ngram de Google pourrait également faire évoluer l’histoire, dont les tendances (concepts, phrases, etc.) pourrait être visualisées et interprétées grâce à de nombreuses données. A ce stade, cet outil est uniquement utile pour faire une sorte de « prise de température » (scan des données encore imparfait, volume de données très variable selon les périodes, etc.), mais sera sans doute bientôt plus précis.

  7. […] C’est quoi le Datajournalism ? La première fois que j’ai découvert la puissance de la visualisation des données, c’était en 2005, grâce à une conférence donnée par Hans Rosling ( Wikipédia ). Avec sa fondation GapMinder, il a créé le Trendalyzer, un logiciel qui permet de convertir des données statistiques en animation graphiques interactives. […]

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